Publié le 15 mars 2024

Le statut « renouvelable » d’une pompe à chaleur est une conclusion conditionnelle, et non un acquis technique.

  • Il dépend de son rendement saisonnier réel (SCOP) et non de son Coefficient de Performance (COP) instantané.
  • L’impact climatique de son fluide frigorigène (son Potentiel de Réchauffement Planétaire) est un facteur critique souvent sous-estimé.

Recommandation : Pour un choix réellement durable, privilégiez une PAC utilisant un fluide naturel comme le Propane (R290) et dont le SCOP est validé pour votre zone climatique spécifique.

La pompe à chaleur (PAC) air-air est systématiquement présentée comme une solution de chauffage écologique, capable de produire plus d’énergie qu’elle n’en consomme en puisant des calories « gratuites » dans l’air extérieur. Cet argument, souvent résumé par un Coefficient de Performance (COP) supérieur à 3, semble la qualifier d’office comme une énergie renouvelable. En tant qu’ingénieur thermicien, mon devoir est d’apporter une analyse plus rigoureuse. Cette vision est techniquement incomplète et omet des facteurs déterminants pour tout écologiste soucieux du bilan global.

La question n’est pas de savoir si une PAC *peut* être renouvelable, mais de définir *sous quelles conditions strictes* elle l’est véritablement. Réduire l’équation à un simple COP, c’est ignorer trois piliers fondamentaux qui déterminent son véritable impact écologique : son rendement saisonnier réel (le SCOP), la nature de son fluide frigorigène et son potentiel de réchauffement planétaire (PRP), ainsi que sa durabilité face à une obsolescence réglementaire programmée. L’affirmation « c’est une énergie renouvelable » passe d’un argument marketing à une vérité technique uniquement lorsque ces trois critères sont scrupuleusement analysés.

Cet article se propose donc de dépasser les affirmations de surface. Nous allons décortiquer, point par point, les mécanismes physiques et réglementaires qui régissent la performance et la durabilité d’une PAC. L’objectif est de vous fournir une grille d’analyse technique et objective pour évaluer si, pour votre projet et dans votre contexte, une PAC air-air constitue réellement un choix écologique pérenne.

Pour vous guider dans cette analyse technique, nous aborderons les concepts fondamentaux qui permettent de juger de la performance et de la durabilité d’une pompe à chaleur. Le parcours que nous vous proposons vous donnera toutes les clés pour faire un choix éclairé.

Définition : qu’est-ce qu’une énergie renouvelable selon la directive européenne ?

Pour statuer sur le caractère renouvelable d’une pompe à chaleur, il est indispensable de se référer au cadre légal qui fait autorité : la Directive sur les Énergies Renouvelables (RED II) de l’Union Européenne. Cette directive ne classe pas une technologie comme « renouvelable » de manière intrinsèque, mais évalue l’énergie qu’elle produit. Selon ce texte, l’énergie thermique (chaleur) produite par une pompe à chaleur est considérée comme renouvelable à condition que l’énergie finale produite soit significativement supérieure à l’énergie primaire (généralement de l’électricité) nécessaire pour la faire fonctionner.

Le calcul se base sur le Facteur de Performance Saisonnier (SPF), qui est l’équivalent européen de notre SCOP (Seasonal Coefficient of Performance). La formule est claire : l’énergie renouvelable (E_RES) est égale à l’énergie thermique totale utile (Q_usable) moins l’énergie électrique consommée (E_in), le tout pondéré par l’efficacité moyenne du réseau électrique européen. Pour être prise en compte, la directive exige un SPF supérieur à un seuil minimal de 2,5.

Cela signifie que, sur l’ensemble d’une saison de chauffe, la PAC doit produire au moins 2,5 fois plus d’énergie thermique qu’elle ne consomme d’électricité. Une PAC avec un SPF de 4, par exemple, consommera 1 kWh d’électricité pour produire 4 kWh de chaleur. Sur ces 4 kWh, 1 kWh est issu du réseau électrique et 3 kWh sont considérés comme de l’énergie renouvelable prélevée dans l’environnement (l’air, l’eau ou le sol). C’est ce bilan énergétique net, et non une simple affirmation, qui confère à la chaleur produite son statut d’énergie renouvelable.

Comprendre ce cadre légal est le socle de toute analyse. Il est essentiel de maîtriser les critères exacts définis par la directive européenne pour ne pas se laisser abuser par des arguments commerciaux simplistes.

COP vs SCOP : la différence fondamentale pour un bilan énergétique juste

Le terme le plus souvent mis en avant par les fabricants est le COP (Coefficient de Performance). Cependant, ce chiffre est souvent trompeur. Le COP mesure le rapport entre l’énergie thermique produite et l’énergie électrique consommée à un instant T, dans des conditions de laboratoire standardisées (par exemple, une température extérieure de +7°C). C’est une mesure instantanée, analogue à la consommation d’une voiture affichée sur le tableau de bord en pleine descente : flatteuse, mais peu représentative de la consommation réelle sur un plein complet.

Pour obtenir un bilan énergétique juste, l’indicateur pertinent est le SCOP (Seasonal Coefficient of Performance), ou Coefficient de Performance Saisonnier. Contrairement au COP, le SCOP est une moyenne pondérée de la performance de la PAC sur l’ensemble de la saison de chauffe. Il prend en compte les variations de température extérieure, les cycles de dégivrage de l’unité extérieure en hiver et les périodes de veille de l’appareil. Le SCOP reflète donc la véritable efficacité énergétique de l’installation dans des conditions d’utilisation réelles et sur le long terme.

La distinction est fondamentale. Une PAC peut afficher un COP de 5 à +7°C, mais voir son rendement chuter drastiquement lorsque la température extérieure passe en dessous de 0°C, moment où les besoins en chauffage sont les plus importants. Le SCOP intègre ces baisses de performance. Un SCOP de 4 signifie qu’en moyenne, sur toute la saison, pour 1 kWh d’électricité facturé, la PAC a restitué 4 kWh de chaleur. C’est ce chiffre, et uniquement celui-ci, qui permet d’évaluer le bilan énergétique net et de vérifier si l’appareil respecte le seuil de 2,5 fixé par la directive européenne pour être considéré comme un système à énergie renouvelable.

Se focaliser sur le bon indicateur est non-négociable. Pour une évaluation rigoureuse, il faut systématiquement raisonner en termes de différence entre le rendement instantané et le rendement saisonnier.

Les fluides frigorigènes HFC : la face cachée de l’impact climatique des PAC

Le bilan écologique d’une pompe à chaleur ne se limite pas à sa consommation électrique. Un élément crucial, souvent passé sous silence, est la nature du fluide frigorigène qui circule en circuit fermé dans la machine. Ce fluide est le vecteur qui capte la chaleur à l’extérieur pour la restituer à l’intérieur. Pendant des années, l’industrie a massivement utilisé des fluides de la famille des hydrofluorocarbures (HFC), comme le R410A et plus récemment le R32, présenté comme une « meilleure » alternative.

Le problème majeur de ces fluides réside dans leur Potentiel de Réchauffement Planétaire (PRP), ou GWP (Global Warming Potential) en anglais. Cet indice mesure la puissance de l’effet de serre d’un gaz par rapport au CO2, qui sert de référence (PRP de 1). Le R410A a un PRP d’environ 2088, et le R32, bien que meilleur, a un PRP de 675. Cela signifie que si 1 kg de R32 s’échappe dans l’atmosphère, son impact sur le réchauffement climatique est 675 fois supérieur à celui de 1 kg de CO2 sur une période de 100 ans.

Même si les circuits sont conçus pour être étanches, des micro-fuites peuvent survenir durant la vie de l’appareil, lors de l’installation ou de la maintenance. Surtout, la question de la gestion du fluide en fin de vie de la PAC est critique. Une récupération et un recyclage non conformes peuvent entraîner la libération de ces gaz à fort effet de serre. Pour un puriste de l’écologie, installer un système qui contient une substance ayant un PRP de plusieurs centaines de fois celui du CO2 pose un véritable cas de conscience. Le gain énergétique réalisé pendant le fonctionnement de la PAC peut être partiellement, voire totalement, annulé par l’impact climatique de son fluide frigorigène.

Cet aspect est souvent le point aveugle des analyses grand public. Il est impératif d’intégrer l'impact direct des fluides frigorigènes dans l’équation globale du bilan écologique.

SCOP 4 ou 5 : comment lire l’étiquette pour connaître la vraie consommation ?

L’étiquette énergétique, obligatoire pour toutes les pompes à chaleur vendues en Europe, est l’outil principal pour évaluer le fameux SCOP. Savoir la déchiffrer est essentiel pour passer d’une promesse marketing à une donnée tangible. L’élément le plus visible est la classe énergétique, allant de G (la moins efficace) à A+++ (la plus performante). Cette classification est directement corrélée au SCOP.

Une machine classée A+ correspond généralement à un SCOP situé entre 4,0 et 4,6. Pour atteindre la classe A++, le SCOP doit être compris entre 4,6 et 5,1. La classe suprême, A+++, est réservée aux appareils dont le SCOP dépasse 5,1. Ces chiffres permettent de quantifier les économies d’énergie potentielles par rapport à un système de chauffage électrique classique (type convecteur), qui a par définition un COP et un SCOP de 1.

Le tableau suivant, basé sur les standards du marché, illustre la corrélation entre la classe énergétique, le SCOP et les économies d’énergie moyennes réalisables.

Classification énergétique selon le SCOP
Classe énergétique SCOP minimum Économies moyennes
A+++ 5,1 75-80%
A++ 4,6 70-75%
A+ 4,0 65-70%
A 3,4 55-65%

Pour un puriste de l’écologie, viser une PAC avec un SCOP supérieur à 4 (classe A+) est le minimum syndical. Un SCOP de 5 signifie que 80% de la chaleur restituée est d’origine renouvelable, et seulement 20% provient du réseau électrique. C’est ce ratio qui fait d’une PAC un véritable système de chauffage à énergie renouvelable.

Plan d’action : auditer la performance renouvelable d’une PAC

  1. Exiger le SCOP : Ne vous contentez pas du COP. Demandez la valeur du SCOP pour la zone climatique « Average » (la norme) et si possible pour votre zone réelle.
  2. Vérifier la classe énergétique : Ciblez impérativement une classe A++ ou A+++, garantissant un SCOP élevé et donc une part majoritaire d’énergie renouvelable.
  3. Identifier le fluide frigorigène : Cherchez la mention du fluide sur la fiche technique. Écartez les modèles au R410A. Si c’est du R32, questionnez le vendeur sur les alternatives.
  4. Questionner sur la réglementation : Demandez si l’appareil est « F-Gas ready », c’est-à-dire compatible avec les futures interdictions de fluides à fort PRP.
  5. Anticiper la fin de vie : Renseignez-vous sur la filière de récupération et de recyclage du fluide proposée par l’installateur ou la marque.

L’analyse de l’étiquette est une étape cruciale. Pour ne rien oublier, gardez en tête les points clés à vérifier pour évaluer la consommation réelle de l’appareil.

L’impact de la zone climatique et de l’installation sur le rendement réel

L’étiquette énergétique, bien qu’informative, présente une limite majeure : le SCOP qui y est affiché est calculé pour une zone climatique « moyenne » (Average), dont la ville de référence est Strasbourg. L’Europe est en réalité divisée en trois zones climatiques : « Warmer » (plus chaude, référence Athènes), « Average » (moyenne, référence Strasbourg) et « Colder » (plus froide, référence Helsinki). Or, la performance d’une pompe à chaleur air-air est directement dépendante de la température de l’air extérieur.

Étude de cas : L’influence de la géographie sur le SCOP réel

Prenons une PAC dont le SCOP officiel, calculé pour la zone « Average » (Strasbourg), est de 4,6 (Classe A++). Si cette même PAC est installée à Nice (zone « Warmer »), les hivers étant plus doux, son rendement réel sur la saison sera supérieur, pouvant atteindre un SCOP de 5,0 ou plus. À l’inverse, si elle est installée dans une région montagneuse ou dans le nord-est de la France, où les hivers sont plus rigoureux et les températures négatives plus fréquentes (se rapprochant de la zone « Colder »), son SCOP réel pourrait chuter en dessous de 4,0. L’appareil devra en effet enclencher plus souvent des cycles de dégivrage énergivores et fonctionner dans des plages de température où son efficacité est moindre.

Cette variabilité géographique est fondamentale. Le rendement d’une PAC air-air chute de manière non linéaire à mesure que la température extérieure baisse. Un appareil peut être très performant par +7°C mais voir son COP s’effondrer à -5°C ou -10°C, nécessitant parfois l’appoint d’une résistance électrique (avec un COP de 1) pour maintenir la consigne de température. Le dimensionnement de l’appareil par un installateur qualifié est donc tout aussi critique. Un appareil sous-dimensionné fonctionnera en permanence à plein régime sans jamais atteindre le confort souhaité, tandis qu’un appareil sur-dimensionné multipliera les cycles courts (marche/arrêt), usant prématurément le compresseur et dégradant son efficacité globale.

La performance théorique affichée n’est donc qu’une partie de l’équation. Il est vital de contextualiser cette donnée en analysant l'influence directe de votre localisation et de la qualité de l'installation.

Propane R290 : pourquoi ce gaz naturel est le futur de la PAC ?

Face au problème posé par les fluides HFC, la solution la plus mature et la plus durable sur le plan technique est le retour à des fluides frigorigènes dits « naturels ». Parmi eux, le R290, plus connu sous le nom de propane, s’impose comme le standard de demain pour les pompes à chaleur. Le propane est un hydrocarbure naturel qui présente des propriétés thermodynamiques excellentes pour les applications de chauffage et de climatisation.

Son avantage écologique est indiscutable. Alors que le R32 a un Potentiel de Réchauffement Planétaire (PRP) de 675, celui du R290 est de seulement 3. Son impact sur l’effet de serre en cas de fuite est donc négligeable en comparaison. Cette caractéristique le rend parfaitement aligné avec les objectifs de la nouvelle réglementation européenne F-Gas III. Comme le souligne une analyse de l’AFCE (Alliance Froid Climatisation Environnement) :

55% des chauffe-eau thermodynamiques vendus en 2022 étaient équipés au R290, avec un PRP de 3 contre 675 pour le R32.

– AFCE, Alliance Froid Climatisation Environnement

Cette transition n’est plus une option, mais une obligation à venir. En effet, selon la nouvelle réglementation F-Gas III, l’interdiction des PAC monoblocs HFC de moins de 12kW sera effective dès 2032, et celle des PAC biblocs suivra en 2035. Choisir une PAC au R290 aujourd’hui, c’est donc non seulement faire un choix écologique, mais aussi investir dans une technologie pérenne qui ne sera pas frappée d’obsolescence réglementaire.

Vue macro de tuyaux de cuivre d'une installation de pompe à chaleur, symbolisant la technicité du système.

Si le propane est inflammable, les fabricants ont développé des systèmes sécurisés, utilisant une quantité très faible de fluide (souvent moins de 1 kg) confinée dans l’unité extérieure pour les modèles monoblocs. Les normes de sécurité sont drastiques et la technologie est aujourd’hui parfaitement maîtrisée, comme en témoigne son usage généralisé dans les réfrigérateurs domestiques depuis des décennies.

Le choix du fluide n’est plus un détail technique. Pour garantir un investissement durable, il est impératif de se tourner vers les solutions d'avenir comme le propane R290.

Géothermie ou aérothermie : quelle solution durera 20 ans sans devenir obsolète ?

Lorsqu’on raisonne sur la durabilité à long terme, une comparaison avec la géothermie s’impose. Une pompe à chaleur géothermique puise les calories non pas dans l’air, mais dans le sol, dont la température est beaucoup plus stable tout au long de l’année (autour de 10-12°C à quelques mètres de profondeur). Cette constance de la source de chaleur confère à la géothermie un avantage fondamental sur l’aérothermie.

Comparaison des rendements saisonniers : la stabilité de la géothermie

Une pompe à chaleur géothermique maintient un facteur de performance saisonnier (SCOP) élevé et surtout très stable, car elle n’est pas soumise aux variations de la météo. Une PAC air-eau (ou air-air) doit, elle, composer avec des températures extérieures pouvant chuter bien en dessous de zéro, ce qui dégrade fortement son rendement. Ainsi, même si une PAC aérothermique de pointe peut atteindre d’excellents SCOP dans des climats tempérés, une PAC géothermique offrira presque toujours une efficacité supérieure et plus constante dans les régions aux hivers froids.

Au-delà de la performance, la question de l’obsolescence est centrale. La durée de vie d’une PAC aérothermique est estimée entre 15 et 20 ans. Cependant, cette longévité est menacée par l’obsolescence réglementaire. Si vous achetez aujourd’hui une PAC fonctionnant avec un fluide HFC comme le R32, vous prenez un risque. La maintenance de votre appareil pourrait devenir complexe et coûteuse d’ici 10 à 15 ans. En effet, d’après les quotas de la réglementation F-Gas, de 45% de HFC autorisés actuellement, seulement 21% seront disponibles en 2030 pour l’entretien du parc existant. Cette raréfaction organisée fera mécaniquement exploser le prix des fluides HFC pour la maintenance.

Une PAC géothermique, ou une PAC aérothermique utilisant un fluide naturel comme le R290, n’est pas soumise à ce risque. En choisissant une technologie dont le fluide n’est pas dans le viseur du législateur, vous vous assurez une plus grande tranquillité d’esprit et une meilleure maîtrise des coûts d’entretien sur toute la durée de vie de l’appareil.

La réflexion doit dépasser le simple coût d’achat. Pour un investissement pérenne, il est crucial d’évaluer les risques d'obsolescence et la stabilité des performances à long terme.

À retenir

  • Une PAC n’est pas une source d’énergie, mais un système de *transfert*. Sa performance écologique se mesure à son rendement saisonnier (SCOP), pas à son COP instantané.
  • Les fluides HFC (comme le R32) ont un fort impact sur le réchauffement climatique (PRP élevé) et sont programmés pour disparaître par la réglementation F-Gas, créant un risque d’obsolescence.
  • La solution d’avenir est l’utilisation de fluides naturels à très faible PRP, comme le Propane (R290), qui garantit à la fois performance écologique et pérennité réglementaire.

Bilan systémique : quand une PAC air-air est-elle réellement un choix écologique durable ?

Au terme de cette analyse technique, la réponse à notre question initiale devient claire. Non, une pompe à chaleur air-air n’est pas intrinsèquement une énergie renouvelable. Elle est un système de transfert d’énergie dont le bilan écologique peut être, sous conditions, extrêmement favorable. Elle devient un choix écologique pertinent et durable uniquement lorsqu’elle respecte un triptyque non négociable.

Premièrement, son rendement saisonnier (SCOP) doit être le plus élevé possible (classe A++ ou A+++), et ce chiffre doit être cohérent avec la zone climatique de l’installation. Deuxièmement, elle doit impérativement utiliser un fluide frigorigène à très faible Potentiel de Réchauffement Planétaire (PRP), idéalement un fluide naturel comme le propane (R290), pour minimiser son impact climatique direct et se prémunir contre l’obsolescence réglementaire. Troisièmement, son installation et son dimensionnement doivent être réalisés par un professionnel qualifié, garantissant un fonctionnement optimal sur le long terme.

C’est la combinaison de ces trois facteurs qui transforme une simple machine thermique en un véritable système de chauffage à énergie renouvelable. Ignorer l’un de ces piliers, c’est prendre le risque de faire un investissement qui, malgré les apparences, ne serait ni durable, ni véritablement écologique. Le rôle du consommateur averti n’est plus de croire aux promesses, mais d’exiger des preuves techniques sur chacun de ces points.

Pour boucler la boucle de notre raisonnement, il est essentiel de garder à l’esprit la distinction fondamentale entre la performance marketing et le bilan énergétique réel, qui est la clé de toute décision éclairée.

Pour tout projet futur, l’étape suivante consiste à intégrer cette grille d’analyse dans vos échanges avec les professionnels. Exigez une transparence totale sur le SCOP, la nature exacte du fluide frigorigène et les garanties de conformité avec les futures réglementations.

Rédigé par Marc Delacroix, Ingénieur diplômé de l'INSA Lyon en Génie Énergétique, Marc est auditeur qualifié pour les rénovations globales RGE. Avec 12 ans d'expérience en bureau d'études, il aide les particuliers à choisir entre PAC Air-Eau, chaudière gaz ou solutions hybrides. Il est incollable sur les aides financières type MaPrimeRénov' et CEE.