
La performance d’une PAC en rénovation ne dépend pas de la technologie (Air-Air ou Air-Eau) mais de sa compatibilité physique avec la température de fonctionnement de vos radiateurs.
- Une PAC Air-Eau n’atteint un rendement optimal que si elle est couplée à des émetteurs « basse température » (plancher chauffant, radiateurs récents).
- Sur un circuit de chauffage ancien, son efficacité s’effondre, rendant l’investissement discutable face à une PAC Air-Air, plus simple et moins coûteuse à l’installation.
Recommandation : L’audit thermique et hydraulique de votre réseau de chauffage existant est le prérequis non-négociable avant d’envisager l’achat d’une PAC Air-Eau.
Face à un projet de rénovation énergétique, le choix de la pompe à chaleur (PAC) se résume souvent au duel entre les technologies Air-Air et Air-Eau. Pour le rénovateur, l’équation semble complexe : faut-il opter pour une solution intégrée au circuit de chauffage central existant ou privilégier un système indépendant, souvent synonyme de climatisation réversible ? Les brochures commerciales vantent des Coefficients de Performance (COP) mirobolants, promettant des économies substantielles et un geste pour la planète. On évoque des rendements supérieurs à 300 %, le statut d’énergie renouvelable, et une installation parfois simple.
Pourtant, cette vision est incomplète. Elle omet un paramètre physique fondamental qui conditionne la performance réelle de l’installation, en particulier dans le bâti existant. Le débat ne devrait pas tant porter sur la nature du fluide qui transporte la chaleur (l’air ou l’eau) que sur la température à laquelle cette chaleur doit être délivrée. C’est là que réside la véritable clé de décision, un critère d’ingénierie qui prime sur toutes les autres considérations.
Mais alors, si le véritable enjeu n’était pas le choix entre Air-Air et Air-Eau, mais plutôt l’adéquation entre une technologie de PAC et la physique de vos émetteurs de chaleur (radiateurs, plancher chauffant) ? Cet article propose une analyse comparative rigoureuse, non pas sous un angle commercial, mais sous celui de l’ingénieur énergéticien. Nous allons décortiquer les principes thermodynamiques, analyser l’impact crucial du régime de température de votre installation et vous fournir les outils pour faire un choix technique éclairé, et non un pari technologique.
Cet article vous guidera à travers les principes fondamentaux, les indicateurs de performance, les spécificités de chaque technologie et les critères décisifs pour faire le choix le plus pertinent pour votre logement. Le sommaire ci-dessous détaille les étapes de notre analyse.
Sommaire : Choisir sa pompe à chaleur en rénovation : l’analyse technique
- Comment la PAC récupère-t-elle la chaleur de l’air extérieur même à -5°C ?
- Le COP et le SCOP : décryptage des indicateurs clés de performance
- Pompe à chaleur air-air : est-ce vraiment une énergie renouvelable (COP > 3) ?
- La PAC Air-Air en pratique : avantages, contraintes et installation
- PAC Air-Eau : comment réutiliser le réseau de radiateurs existant ?
- Régime de température : le facteur décisif pour la performance de votre PAC Air-Eau
- Analyse comparative : Air-Air vs Air-Eau, quelle solution pour quel bâti ?
- Au-delà de la technologie : les étapes clés pour un projet de rénovation réussi
Comment la PAC récupère-t-elle la chaleur de l’air extérieur même à -5°C ?
Le fonctionnement d’une pompe à chaleur repose sur un principe thermodynamique contre-intuitif : même un air que nous percevons comme glacial, à 0°C, -5°C ou même -15°C, contient des calories, c’est-à-dire de l’énergie thermique. La mission de la PAC n’est pas de « créer » de la chaleur, mais de la capter dans le milieu extérieur (l’air) pour la concentrer et la restituer à l’intérieur du logement. Le processus est comparable à celui d’un réfrigérateur, mais inversé. Il s’appuie sur les changements d’état d’un fluide frigorigène qui circule en circuit fermé.
Le cycle se décompose en quatre étapes clés. Premièrement, dans l’évaporateur (situé dans l’unité extérieure), le fluide frigorigène, plus froid que l’air extérieur, capte les calories de cet air et passe de l’état liquide à l’état gazeux. Deuxièmement, ce gaz est aspiré par un compresseur qui, en augmentant sa pression, élève considérablement sa température. Troisièmement, dans le condenseur (situé dans l’unité intérieure ou le module hydraulique), ce gaz chaud cède sa chaleur à l’air ambiant (PAC Air-Air) ou à l’eau du circuit de chauffage (PAC Air-Eau), ce qui le fait revenir à l’état liquide. Enfin, le détendeur abaisse la pression du fluide, le refroidissant brutalement avant qu’il ne retourne à l’évaporateur pour un nouveau cycle.

Ce mécanisme explique pourquoi la performance est intrinsèquement liée à la température extérieure. Plus l’air extérieur est froid, plus il est difficile d’en extraire des calories, et plus le compresseur doit travailler pour atteindre la température de consigne, ce qui diminue le rendement global. Comme le souligne un expert d’Axe Energies dans son guide technique :
Le Coefficient de Performance varie selon la température de la source d’énergie et la température de votre émetteur de chaleur. Ainsi, vous pouvez avoir un COP de 4 pour une température extérieure de 7°C, mais un COP de 3 pour une température extérieure de -2°C.
– Expert Axe Energies, Guide technique COP Pompe à chaleur 2024
Cette sensibilité à la température est le point névralgique du système. La performance annoncée, souvent mesurée par temps doux, n’est pas représentative du rendement sur toute une saison de chauffe, où le système sera confronté à des températures négatives et devra fournir une eau plus ou moins chaude. Une étude de performance thermique montre que le rendement peut atteindre un COP de 4,5 à 5 par temps doux, mais chute à 2,8 pour une eau à 55°C par temps froid.
Le COP et le SCOP : décryptage des indicateurs clés de performance
Pour évaluer et comparer les pompes à chaleur, deux acronymes sont omniprésents : le COP et le SCOP. Comprendre leur signification et leurs limites est fondamental pour ne pas tomber dans le piège des chiffres marketing. Le Coefficient de Performance (COP) est l’indicateur le plus connu. Il représente le ratio entre l’énergie thermique produite par la PAC et l’énergie électrique consommée par le compresseur pour y parvenir. Un COP de 4 signifie que pour 1 kWh d’électricité consommé, la PAC restitue 4 kWh de chaleur.
Cependant, le COP présente une limite majeure : il s’agit d’une mesure instantanée, réalisée en laboratoire dans des conditions de température normalisées (généralement +7°C d’air extérieur pour une sortie d’eau à 35°C). Comme nous l’avons vu, le rendement d’une PAC fluctue constamment en fonction des conditions climatiques. Un excellent COP à +7°C ne garantit en rien une bonne performance à -5°C. Il ne reflète donc pas l’efficacité réelle de l’appareil sur une saison de chauffe complète.
Pour pallier ce défaut, un indicateur plus pertinent a été introduit : le Coefficient de Performance Saisonnier (SCOP). Le SCOP représente le même ratio (énergie produite / énergie consommée), mais il est calculé sur l’intégralité d’une saison de chauffage. Il intègre les variations de température extérieure selon trois zones climatiques européennes définies (Athènes pour le climat chaud, Strasbourg pour le climat tempéré, Helsinki pour le climat froid). Le SCOP prend également en compte les consommations des modes veille ou arrêt, offrant une vision beaucoup plus réaliste de l’efficacité énergétique annuelle de l’appareil.
Enfin, pour comparer les systèmes de chauffage entre eux, on utilise l’Efficacité Énergétique Saisonnière (ETAS). Exprimée en pourcentage, elle est calculée à partir du SCOP. Une PAC avec un SCOP de 4 aura une ETAS d’environ 160% (4 / 2,5 * 100, où 2,5 est le facteur de conversion de l’énergie primaire). Cet indicateur est celui qui figure sur l’étiquette énergétique du produit et permet de classer les appareils selon leur performance.
Pompe à chaleur air-air : est-ce vraiment une énergie renouvelable (COP > 3) ?
La question du statut « renouvelable » d’un appareil qui consomme de l’électricité est légitime. La réponse réside dans la définition même de son fonctionnement. Une pompe à chaleur est considérée comme utilisant une énergie renouvelable dès lors qu’elle produit significativement plus d’énergie thermique qu’elle ne consomme d’énergie électrique pour son fonctionnement. Le seuil est fixé par les réglementations thermiques : pour être éligible aux aides et reconnue comme EnR, une PAC doit présenter un SCOP supérieur ou égal à 3,4 (pour une puissance inférieure ou égale à 12 kW).
La quasi-totalité des pompes à chaleur Air-Air modernes dépasse largement ce seuil. L’électricité qu’elles consomment n’est pas utilisée pour créer de la chaleur par effet Joule (comme un radiateur électrique classique), mais pour alimenter le compresseur qui orchestre le transfert des calories gratuites et inépuisables présentes dans l’air. L’électricité est le moteur, l’air est le carburant. C’est ce « gain » énergétique qui lui confère son statut renouvelable.
Les mesures normées confirment ces hauts niveaux de performance saisonnière. Par exemple, des tests réalisés selon la norme EN 14825 montrent qu’une PAC Air-Air de qualité peut atteindre un SCOP de 4,81 en climat tempéré avec un plancher chauffant, ce qui correspond à une efficacité énergétique saisonnière (ETAS) de 192%. Cela signifie que sur une année, l’appareil a produit près de cinq fois plus d’énergie de chauffage qu’il n’a consommé d’électricité. La part d’énergie renouvelable (les calories de l’air) est donc très majoritaire.
Il est donc techniquement correct de classer la pompe à chaleur Air-Air comme un système de chauffage à énergie renouvelable. Son impact environnemental est bien plus faible que celui d’une chaudière à énergie fossile (gaz, fioul) ou même que des radiateurs électriques à convection, dont le COP est par définition égal à 1 (1 kWh électrique consommé = 1 kWh de chaleur produit). Le choix d’une PAC Air-Air performante est donc un acte pertinent dans une démarche de rénovation visant à réduire l’empreinte carbone de son logement.
La PAC Air-Air en pratique : avantages, contraintes et installation
La pompe à chaleur Air-Air, souvent appelée climatisation réversible, se compose d’une unité extérieure qui capte les calories de l’air et d’une ou plusieurs unités intérieures (appelées « splits » ou consoles murales) qui diffusent la chaleur directement dans les pièces. C’est une solution de chauffage décentralisée, chaque unité intérieure pouvant être régulée indépendamment.
Le principal avantage de cette technologie réside dans sa simplicité et sa rapidité d’installation, surtout en rénovation. Ne nécessitant pas de circuit de chauffage hydraulique, sa mise en œuvre est moins invasive et généralement moins coûteuse que celle d’une PAC Air-Eau. Son autre atout majeur est sa réversibilité : elle assure le chauffage en hiver et le rafraîchissement en été, offrant un confort thermique toute l’année. Enfin, sa montée en température est très rapide, ce qui est appréciable pour des résidences secondaires ou des pièces utilisées ponctuellement.

Cependant, la PAC Air-Air présente des contraintes à ne pas négliger. La plus importante est qu’elle ne peut pas produire d’eau chaude sanitaire (ECS). Il faut donc prévoir un système dédié (chauffe-eau thermodynamique ou électrique classique), ce qui impacte le bilan global du projet. De plus, la chaleur est diffusée par ventilation, ce qui peut être moins confortable pour certaines personnes sensibles aux courants d’air qu’une chaleur douce émise par des radiateurs. Enfin, l’esthétique des splits muraux peut être un frein, et l’emplacement de l’unité extérieure doit être étudié pour limiter les nuisances sonores, bien que les modèles récents soient de plus en plus silencieux.
L’installation doit être pensée pour une diffusion homogène de la chaleur. Un système « monosplit » (une unité extérieure pour une unité intérieure) convient pour une seule grande pièce de vie. Pour chauffer plusieurs pièces, il faut opter pour un système « multisplit » (une unité extérieure pour plusieurs unités intérieures) ou un système gainable, où l’unité intérieure est cachée dans les combles et la chaleur distribuée via un réseau de gaines et des bouches discrètes. Cette dernière option, plus esthétique, nécessite cependant des travaux plus lourds.
PAC Air-Eau : comment réutiliser le réseau de radiateurs existant ?
Pour un rénovateur disposant d’une maison équipée d’un chauffage central avec des radiateurs à eau, la pompe à chaleur Air-Eau semble être la solution la plus naturelle. Son principe est de se substituer ou de venir en relève de la chaudière existante (fioul, gaz) en se raccordant directement au circuit hydraulique. Elle chauffe l’eau qui va ensuite circuler dans les radiateurs ou le plancher chauffant pour diffuser la chaleur. De plus, contrairement à la PAC Air-Air, elle peut également produire l’eau chaude sanitaire (ECS), offrant une solution de chauffage complète.
L’attrait est évident : on conserve l’ensemble du réseau de diffusion de chaleur, ce qui limite l’ampleur des travaux. Le confort est également celui, bien connu et apprécié, du chauffage central, avec une chaleur douce et homogène. La PAC Air-Eau s’intègre donc en théorie parfaitement dans l’existant. Cependant, c’est précisément cette « intégration » qui constitue le point de vigilance majeur et la source potentielle de contre-performances sévères.
La question n’est pas « peut-on se brancher sur le réseau existant ? » — la réponse est techniquement oui — mais plutôt « le réseau existant est-il adapté pour fonctionner de manière optimale avec une PAC ? ». La performance d’une PAC Air-Eau ne dépend pas seulement de sa propre technologie, mais de la température d’eau que vos émetteurs de chaleur exigent pour chauffer correctement votre maison. C’est ce que l’on appelle le régime de température du circuit. Ignorer ce paramètre, c’est prendre le risque d’installer un système coûteux qui fonctionnera avec un rendement médiocre et une consommation électrique élevée, anéantissant les économies espérées.
En rénovation, le parc de radiateurs est très hétérogène. On trouve des radiateurs en fonte très anciens, des radiateurs en acier des années 80-90, ou des radiateurs plus récents en aluminium. Chacun de ces types a été conçu pour fonctionner avec une eau à une certaine température, souvent dictée par la chaudière de l’époque, qui pouvait fournir sans peine de l’eau à 70°C ou 80°C. Or, une PAC est fondamentalement un générateur « basse température ».
Régime de température : le facteur décisif pour la performance de votre PAC Air-Eau
La performance d’une PAC Air-Eau est inversement proportionnelle à la température de l’eau qu’elle doit produire. Plus elle doit chauffer l’eau, plus le compresseur est sollicité, et plus son COP s’effondre. C’est une loi physique incontournable. Le « régime de température » de vos émetteurs est donc le paramètre le plus critique. Un plancher chauffant ou des radiateurs « basse température » modernes sont conçus pour fonctionner avec une eau entre 35°C et 45°C. Dans ces conditions, une PAC Air-Eau est dans sa zone de confort et délivre un excellent rendement.
À l’inverse, des radiateurs anciens, notamment en fonte et souvent sous-dimensionnés dans des maisons mal isolées, ont été installés pour fonctionner avec une eau « haute température », typiquement entre 65°C et 80°C. Forcer une PAC standard à produire une eau aussi chaude est un non-sens énergétique. Son COP chutera drastiquement, souvent en dessous de 2,5 en hiver, et sa durée de vie sera réduite par la sur-sollicitation du compresseur. Pour répondre à ce besoin, les fabricants ont développé des PAC dites « haute température », capables de fournir de l’eau jusqu’à 70°C. Mais cette prouesse technique a un coût : leur rendement est structurellement plus faible que celui des PAC basse température.
Le tableau suivant, basé sur des données de Viessmann, illustre parfaitement cette corrélation :
| Type de radiateur | Température d’eau requise | Type de PAC recommandé | Impact sur le COP |
|---|---|---|---|
| Plancher chauffant | 35°C | Basse température | 4,5 – 5 |
| Radiateurs basse temp. | 40-50°C | Basse température | 3,5 – 4 |
| Radiateurs haute temp. | 55-70°C | Haute température | 2,5 – 3 |
| Radiateurs fonte anciens | 70-80°C | Haute température | 2 – 2,5 |
Ce tableau met en évidence le dilemme du rénovateur. Garder ses vieux radiateurs en fonte et opter pour une PAC haute température signifie accepter un rendement moyen et une facture électrique plus élevée. La solution la plus vertueuse est souvent d’agir en amont : améliorer l’isolation de la maison pour réduire les besoins de chauffage, ce qui permet de faire fonctionner les radiateurs existants à une température plus basse, ou de les remplacer par des modèles basse température.
Plan d’action : adapter son réseau de chauffage à une PAC
- Audit hydraulique complet : Faites réaliser un désembouage et un équilibrage du réseau existant. Un circuit propre et bien équilibré améliore la circulation et le rendement.
- Évaluation post-isolation : Si des travaux d’isolation sont prévus, évaluez le surdimensionnement potentiel de vos radiateurs. Mieux isolée, la maison nécessite moins de puissance, et vos radiateurs pourraient suffire en fonctionnant à plus basse température.
- Arbitrage final : Si le réseau reste inadapté, choisissez entre deux options : remplacer les radiateurs clés (ceux des pièces de vie) par des modèles basse température, ou installer une PAC haute température en acceptant un surcoût à l’usage de 10 à 20%.
À retenir
- Le rendement (COP) d’une pompe à chaleur chute avec la température extérieure, mais aussi et surtout avec la température de l’eau qu’elle doit produire pour votre circuit de chauffage.
- Installer une PAC Air-Eau sur d’anciens radiateurs « haute température » (fonte) sans autre adaptation conduit à un rendement médiocre et à une surconsommation électrique en hiver.
- Un audit thermique de la maison et un audit hydraulique du réseau de chauffage sont les étapes indispensables avant de choisir une PAC Air-Eau en rénovation.
Analyse comparative : Air-Air vs Air-Eau, quelle solution pour quel bâti ?
Le choix final entre Air-Air et Air-Eau ne doit pas se baser sur une supposée supériorité d’une technologie sur l’autre, mais sur une analyse pragmatique de votre situation : l’état de votre isolation, la nature de votre circuit de chauffage existant, et vos besoins (chauffage seul ou chauffage + ECS).
La PAC Air-Air est la solution de la simplicité et de la flexibilité. Elle est particulièrement pertinente dans les cas suivants :
- Maison sans chauffage central existant (ex: tout électrique).
- Rénovation légère où l’on ne souhaite pas toucher au réseau hydraulique.
- Besoin de climatisation en été dans une région chaude.
- Budget d’installation plus contraint.
Son principal inconvénient reste la nécessité d’un système indépendant pour l’eau chaude sanitaire.
La PAC Air-Eau est la solution de l’intégration et de la performance globale, à condition que le bâti soit compatible. Elle est idéale pour :
- Une maison déjà équipée d’émetteurs basse température (plancher chauffant, radiateurs récents).
- Un projet de rénovation lourde incluant l’isolation et le remplacement des radiateurs.
- Le besoin d’une solution unique pour le chauffage et l’eau chaude sanitaire.
Son talon d’Achille est sa dépendance au régime de température, qui peut la rendre totalement inefficace sur un réseau inadapté.
Étude de cas : simulation sur une maison de 140 m² à Reims
Une simulation réalisée par Viessmann sur une maison de 140 m² construite en 1985 à Reims (classe D) illustre parfaitement l’impact des émetteurs. Avec des émetteurs basse température (type plancher chauffant), une PAC Air-Eau de 10 kW est suffisante, atteint un excellent SCOP de 5,44 et engendre un coût annuel de chauffage de 684€. En revanche, pour alimenter des radiateurs haute température dans la même maison, il faut une PAC plus puissante (13 kW), dont le SCOP chute à 3,81 et le coût annuel grimpe à 978€. C’est près de 300€ de plus par an pour chauffer la même surface, uniquement à cause d’un réseau de radiateurs inadapté.
En synthèse, pour un rénovateur, la PAC Air-Eau n’est une option techniquement et économiquement viable que si la question des émetteurs est résolue. Dans le cas contraire, une PAC Air-Air couplée à un chauffe-eau thermodynamique est souvent une solution plus pragmatique, plus sûre en termes de performance et moins coûteuse à l’installation.
Au-delà de la technologie : les étapes clés pour un projet de rénovation réussi
Le choix entre une PAC Air-Air et Air-Eau est une décision technique importante, mais elle n’est qu’une des composantes d’un projet de rénovation énergétique réussi. Se focaliser uniquement sur l’appareil de chauffage sans considérer l’enveloppe du bâtiment est une erreur courante. La performance et la durabilité de votre installation, qui a une durée de vie moyenne de 15 à 20 ans, dépendent d’une approche globale.
La première étape, non négociable, est la réalisation d’un bilan thermique complet de votre habitation par un professionnel qualifié RGE (Reconnu Garant de l’Environnement). Ce bilan identifiera les points faibles de votre isolation (toiture, murs, fenêtres) et hiérarchisera les travaux à effectuer. Chauffer une maison mal isolée, même avec la meilleure PAC du monde, revient à remplir un seau percé. L’adage « la meilleure énergie est celle que l’on ne consomme pas » prend ici tout son sens. Souvent, un investissement dans l’isolation permet de choisir une PAC moins puissante, donc moins chère, et qui fonctionnera avec un meilleur rendement.
La deuxième étape est le choix de l’installateur. La performance d’une PAC est aussi bonne que la qualité de son installation. Un professionnel compétent saura dimensionner correctement l’appareil, réaliser les réglages fins et assurer une mise en service optimale. N’hésitez pas à demander plusieurs devis et à vérifier les qualifications et les références des artisans. Un entretien annuel, réalisé par un professionnel, est par ailleurs indispensable pour garantir les performances et la longévité de l’équipement.
Enfin, pensez l’écosystème dans son ensemble. Si vous optez pour une PAC Air-Air, quel système pour l’eau chaude sanitaire ? Un chauffe-eau thermodynamique, qui est lui-même une petite pompe à chaleur, est un excellent complément. Si vous choisissez une PAC Air-Eau, avez-vous budgété le potentiel remplacement de quelques radiateurs stratégiques ? C’est en planifiant ces actions de manière coordonnée que votre projet de rénovation atteindra ses objectifs d’économies d’énergie et de confort.
Pour appliquer ces principes et faire le choix le plus judicieux pour votre logement, la première étape concrète consiste à faire réaliser un bilan thermique complet par un professionnel qualifié, qui pourra évaluer l’état de votre isolation et la compatibilité de votre système de chauffage actuel.